Sirius : la version open source de Siri d’Apple

 

Des chercheurs ont développé un assistant virtuel personnel open source baptisé Sirius et décrit comme une version plus avancée de Siri.

Les assistants vocaux personnels ont le vent en poupe. On dénombre ainsi Cortana de Microsoft, Google Now de Google, Siri d’Apple, tandis qu’Amazon a lancé, aux Etats-Unis, Echo, un appareil intégrant une telle technologie.

Mais il faut maintenant ajouter Sirius, développé par des chercheurs du Clarity Lab de l’Université du Michigan. Ils bénéficient du soutien financier de Google, ARM, la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) et la NSF (National Science Foundation).

Jason Mars, le professeur à la tête du projet, le décrit comme une « version open source de Siri d’Apple ». N’importe quel développeur peut ainsi contribuer au projet déposé sur GitHub, un site d’hébergement permettant justement de gérer le développement collaboratif du code.

Sirius a été présenté le 14 mars dernier à Istanbul dans le cadre de la conférence ASPLOS (Architectural Support for Programming Languages and Operating Systems). S’il s’apparente à Siri et aux autres assistants virtuels, il offre toutefois des possibilités absentes de ces assistants. On peut ainsi prendre une photo, la lui soumettre et poser des questions à son sujet.

« Ce que nous avons fait avec Sirius, c’est repousser les limites de l’assistant personnel intelligent traditionnel », déclare Johann Hauswald, doctorant au Clarity Lab de l’Université du Michigan. « Non seulement vous pouvez interagir avec votre voix, mais vous pouvez aussi poser des questions sur ce que vous voyez, ce qui constitue une nouvelle façon d’interagir avec ce type de dispositif. »

Sirius est distribué sous licence BSD, ce qui signifie qu’il peut être utilisé gratuitement et sans restriction. Il pourra même intégrer un autre logiciel propriétaire.

S’il fonctionne actuellement sous Linux (il est testé sur des PC évoluant avec la distribution Ubuntu), il pourra être porté vers d’autres environnements pour tourner sur des smartphones ou encore des appareils de type wearable (smartwatch par exemple).

L’une des vocations de Sirius est d’être utilisé pour explorer les capacités des assistants virtuels. Il leur permettra également de mesurer les futurs besoins en termes de data centers pour prendre en charge l’essor des assistants personnels qui exploitent le cloud. Les appareils à porter sur soi (« wearables ») qui exploitent ce type d’assistants virtuels devraient effectivement se vendre à près d’un demi-milliard d’unités par an d’ici 2018 selon les analystes.

Open source, Sirius l’est jusqu’au bout de son code, en étant composé d’autres programmes eux-mêmes open source, ce qui en fait un véritable patchwork. Ainsi, pour la reconnaissance vocale, Sirius utilise les programmes Sphinx de l’Université du Michigan, Kaldi de Microsoft Research ainsi que le projet allemand « RASÉ » de RWTH Aachen.

La reconnaissance des images est basée sur l’algorithme SURF de la société suisse Kooaba (récemment acquise par Qualcomm), lequel est également exploité par le super-ordinateur Watson d’IBM. Pour répondre aux questions, Sirius utilise un système baptisé OpenEphyra également développé par des chercheurs de Carnegie Mellon.

Afin de faire fonctionner Sirius, il est nécessaire de télécharger la suite intégrale, un tutoriel expliquant comment utiliser l’ensemble.

Si le projet est séduisant, d’autres initiatives comparables ont déjà vu le jour. C’est le cas de JuliusJS, qui n’a toutefois guère plus évolué depuis maintenant 8 mois et semble donc abandonné.

 

Raspberry Pi 2, le nano-ordinateur non photogénique

Un bug insolite a été découvert par la communauté d’utilisateurs du Raspberry Pi 2 : celui-ci serait en effet photosensible et a une fâcheuse tendance à s’éteindre lorsqu’il est exposé à un flash Xénon, largement utilisé par les flashs d’appareils photos.
Flash Ce n’est pas forcement le genre de bugs que l’on repère au premier coup d’œil lors des phases de tests, mais l’anecdote est significative de l’engouement et de l’importante médiatisation du nouveau modèle de Raspberry Pi, disponible depuis maintenant un bon mois. Un utilisateur a en effet découvert que son Raspberry Pi 2 redémarrait lorsqu’il tentait de le prendre en photo à l’aide d’un flash d’appareil photo.

« J’ai découvert que mon PI2 est un peureux de l’appareil photo ! Prendre une photo avec flash le bloque instantanément. J’ai essayé trois fois et j’ai eu le même résultat à chaque fois ». Selon PeterO.

Le bug, signalé sur le forum de la fondation Raspberry, a tout d’abord laissé la communauté perplexe mais des investigations plus poussées ont permis d’isoler le problème : l’un des composants de la carte s’est révélé être photosensible et dépourvu de protection.

Une puce photosensible

Puce U16 La puce U16, liée à l’alimentation du Raspberry, a rapidement été désignée coupable : plusieurs tests réalisés à l’aide d’un laser permettent de prouver que celle-ci est effectivement photosensible et qu’une exposition trop forte engendre le un reboot de l’appareil.

Un problème mineur et facile à corriger : il suffit en effet de protéger la puce en question de l’exposition à la lumière en la couvrant. On peut ainsi tout simplement protéger le Raspberry Pi 2 en l’installant dans un boitier ou couvrir la puce en question d’un morceau de ruban adhésif isolant électrique ou en utilisant de la résine Epoxy.

On peut espérer que ce problème sera corrigé à l’avenir dans les prochaines versions de Raspberry Pi, mais la découverte de ce bug fait sourire, tant la seconde itération du nano ordinateur est actuellement sous les feux des projecteurs. Ironique dans ce contexte de découvrir que la carte de la Fondation Raspberry défaille face aux flashs.

5 distributions Linux pour vous protéger de tous les dangers

Tails, le navigateur anonyme

Tails est un système d’exploitation basé sur Debian, et pas n’importe lequel s’il vous plait : il a notamment été utilisé par Edward Snowden pour échapper à la surveillance de la NSA. C’est une distribution live, ce qui veut dire que Tails n’est pas installé sur l’ordinateur, mais démarré depuis un DVD ou une clé USB. Avantage : on ne laisse aucune trace de son utilisation, y compris en RAM. Tails inclut une série d’outils d’anonymisation et de chiffrement. La connexion internet passe par les réseaux anonymes Tor ou I2P. Le navigateur web est Tor Browser, une version modifiée de Firefox. Le chiffrement du disque dur s’appuie du LUKS et les communications peuvent être sécurisées par les standards OpenPGP et OTR. La distribution est en cours de développement, les techniques employées devraient se retrouver dans d’autres systèmes Linux.

Tails

PFSense, l’écran total

Si vous n’avez plus confiance dans votre opérateur ni dans la box qu’il fournit, vous devriez vous intéresser à PFSense. Le modem-routeur des opérateurs voit en effet passer l’intégralité de votre trafic domestique, outre celui à destination d’internet. PFSense s’installe en général sur une machine dédiée et relié au modem ASDL/câble configuré en pont (bridge). C’est un routeur pare-feu très évolué, avec une interface web plutôt réussie. Des notions de réseau TCP/IP sont utiles pour personnaliser la configuration. On peut étendre les fonctions avec des modules : Anti-virus en ligne, contrôle parental, etc.

PFSence

PC-BSD : la sécurité par la rareté

Les pirates préfèrent s’attaquer aux systèmes les plus répandus, c’est simplement plus rentable ! PC-BSD est assez éloigné du mainstream, ce qui devrait lui éviter les menaces courantes. Il n’est même pas basé sur Linux mais sur FreeBSD, un système qui a fait ses preuves sur les serveurs depuis plus de vingt ans. La sécurité est dans la culture maison. Les mises à jour critiques sont livrées dans un court délai. Le pare-feu est actif par défaut. L’installation et la prise en main sont aisées. Les bureaux et de nombreuses applications sont communs avec Linux.

PC-BSD

Qubes : le Linux compartimenté

Dans les systèmes actuels, qui sont à la fois complexes et low-cost, les failles dormantes sont légion. Les criminels l’ont bien compris et recherchent ces zero-day comme des pépites. Les concepteurs de Qubes parient que leur système sera tôt ou tard hacké. Alors, ils ont divisé le système en compartiments virtuels étanches : un pour chaque contexte d’utilisation – travail, surf, etc. – et l’espace de stockage correspondant. Le réseau est également isolé dans sa bulle. Un pirate qui prendrait le contrôle d’une partie de Qubes y resterait confiné.

Qubes

Et pourquoi pas un OS sur mesure ?

Réaliser son propre système sécurisé, à partir d’une distribution que l’on aime, est un défi intéressant. Nous sommes partis d’Elementary OS, qui bénéficie des logiciels d’Ubuntu. Pour réduire encore la surface d’attaque de ce système minimal, on a enlevé les programmes inutilisés, aidé en cela par Deborphan. Exit le partage de fichiers avec Windows ! Deux réglages s’imposent : l’installation automatique des patches de sécurité et le pare-feu, avec Firestarter. On ajoute aussi Privoxy, pour filtrer le trafic web. Le résultat est un Linux raisonnablement sûr et toujours agréable à utiliser.

Le premier smartphone sous Ubuntu Phone débarque en Europe

L’OS a-t-il du potentiel pour concurrencer Android et iOS ?

Après une longue attente, le premier smartphone sous l’OS mobile Ubuntu Phone débarque sur le marché.

Développé par le constructeur BQ, l’Aquaris E4.5 Ubuntu Edition aura du mal à convaincre les utilisateurs friands des détails techniques. En effet, il s’agit d’une reprise d’un modèle préexistant qui fonctionnait sous Android, adapté pour s’exécuter avec Ubuntu.

L’Aquaris E4.5 Ubuntu Edition arbore un écran de 4.5 pouces IPS de résolution 540 x 960. Il est propulsé par une puce Mediatek Quad-Core de 1.3 GHz, soutenu par une mémoire vive de 1 Go et un espace de stockage de 8 Go, extensible via un port Micro SD. Le smartphone est double-SIM, et du côté de la connectivité, on retrouve la prise en charge de la 3G, le Bluetooth et le Wifi. L’Aquaris E4.5 embarque un appareil photo de 8 mégapixels et une caméra avant de 5 mégapixels, ainsi qu’une batterie de 2150 mAh, pour un poids de 123 grammes et 9 mm d’épaisseur.

De caractéristiques modestes donc pour un smartphone qui sera commercialisé sous la forme de vente Flash en ligne, au courant de cette semaine au prix de 170 euros.

Une multitude de plateformes

Pour un premier pas sur le marché concurrentiel des smartphones, l’Aquaris E4.5 ne donne pas à Ubuntu Phone des arguments chocs pour se positionner comme un outsider qui pourrait inquiéter les géants du secteur dont Apple et Google, avec respectivement vers leur système d’exploitation iOS et Android.

De plus, le smartphone va faire face à une rude concurrence sur le marché des dispositifs d’entrée de gamme, qui dispose d’une large gamme d’appareils sous Android et Windows Phone, commercialisés à des prix assez attractifs. On peut citer par exemple le Moto E qui est vendu à 95 euros.

Les travaux sur Ubuntu Phone avaient débuté en 2012. Le but de Canonical était d’offrir une alternative à Android, iOS et Windows Phone. Avec un fer de lance : son interface, qu’elle revendique « élégante et stylée ». Ubuntu Phone se démarque en effet avec ses écrans d’accueil « Scopes », qui offrent un classement thématique des écrans d’accueil.

Pour stimuler l’adoption de l’OS, Canonical avait lancé un projet de financement participatif pour développer sous sa direction un smartphone haut de gamme sous Ubuntu Phone. Le smartphone baptisé Ubuntu Edge, n’avait pas atteint les objectifs fixés et le projet avait été abandonné. Néanmoins, l’opération avait aidé à promouvoir l’OS, selon Mark Shuttleworth, créateur de Canonical.

Malgré de nombreux reports, Ubuntu Phone est enfin disponible sur le marché. Sa galerie d’applications, pas très fournie pour le moment, dispose d’applications populaires à l’instar de Facebook, Twitter, Dropbox, Evernote et Amazon.